Il était « une mauvaise foi » Brault et Martineau

La compagnie mère des détaillants Brault & Martineau et Ameublements Tanguay (BMTC) est passée maître dans l’art de bafouer les droits de ses employé(e)s. Voici l’histoire d’une entreprise antisyndicale qui est prête à tout pour se débarrasser du syndicat. 

 


» 2015

Octobre 2015

Les TUAC 501 déposent la requête en accréditation au Tribunal administratif du travail (TAT) pour le magasin de Laval le 24 octobre 2015.

Novembre 2015

À la suite du dépôt de la requête en accréditation du magasin de Laval, BMTC a soudainement l’idée de faire le tour de tous les autres magasins pour rencontrer les conseillers et conseillères à la vente afin de faire le point sur les insatisfactions des employés à l’égard de leurs conditions de travail.

Le 20 novembre 2015, BMTC crée le poste de « conseiller-formateur » pour faire une surveillance dans les magasins. Les trois salariés occupant cette nouvelle fonction sont  faussement inscrits sur la liste des salariés à titre de conseillers à la vente alors qu’ils ne sont pas des vendeurs, qu’ils n’ont aucune communauté d’intérêts avec eux et qu’ils ne sont pas des salariés d’un magasin puisqu’ils relèvent du siège social.

Le 26 novembre 2015, les TUAC 501 déposent la requête en accréditation au (TAT) pour le magasin de Repentigny.

Décembre 2015

Les TUAC 501 déposent la requête en accréditation au (TAT) pour le magasin de Saint-Léonard (Jean-Talon) le 2 décembre 2015 et obtention de l’accréditation syndicale du magasin de Laval le 7 décembre 2015.


» 2016

Février 2016

Le 28 février 2016, BMTC met en lock-out les quelque 200 syndiqué(e)s, membres d'Unifor, de son centre de distribution de Montréal.

Mars 2016

Le 17 mars 2016, BMTC se présente à la première rencontre de négociation avec une proposition non négociable, rompant ainsi le dialogue avec ses salarié(e)s. Le syndicat demande la nomination d’un conciliateur.

Le 21 mars 2016, BMTC met les employé(e)s de son magasin de Laval en lock-out et utilise 24 briseurs de grève.

Le 24 mars 2016, les TUAC 501 obtiennent une ordonnance provisoire et permanente contre BMTC afin de faire cesser l’utilisation des briseurs de grève. Ce que le juge Guy Roy a dit : « C'est BMTC qui a déclaré le lock-out le 21 mars après avoir orchestré ce remaniement la veille. Il est clair que BMTC tente de faire indirectement ce que le Code lui interdit de faire directement », « …durant la semaine où BMTC déclare un lock-out et prépare sa vente pour la fin de semaine pascale, les 24 défendeurs se retrouvent tous sur place à l'établissement visé pour y accomplir leurs tâches habituelles! Le Tribunal ne peut pas croire cela », « Il est vrai que la direction locale peut effectuer les tâches des salariés qu'elle a mis en lock-out, mais BMTC ne peut pas remplacer sa direction locale pour faire faire les tâches de cette dernière par des personnes provenant d'un autre de ses établissements ».

Avril 2016

Les TUAC 501 obtiennent l’accréditation syndicale pour les magasins de Repentigny et de Saint-Léonard (Jean-Talon) le 7 avril 2016.

Le 20 avril 2016, les délégués du magasin de Laval sont en conciliation au ministère du Travail afin de négocier la 1re convention collective.

Mai 2016

La ministre défère à l'arbitrage le dossier et l'arbitre, par ses pouvoirs, ordonne à BMTC de mettre fin au lock-out et de réintégrer les salariés au travail.


» 2017

Février 2017

Le 7 février 2017, jour de la rencontre avec la conciliatrice, les conseillers-vendeurs syndiqués de Repentigny sont convoqués à une rencontre et apprennent que BMTC fermera le magasin de Repentigny prétextant qu’il n’est pas bien situé. La même journée, la compagnie annonce la fermeture de son magasin de Sainte-Thérèse. Celui-ci, qui n’est pas syndiqué, sera reconstruit aux abords des autoroutes 15 et 117, soit à moins de 8 km du magasin syndiqué de Laval. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’il s’agit d’une stratégie antisyndicale de plus à inscrire sur leur tableau de chasse.Dans un communiqué de presse du 20 février ont peu lire que le magasin de Repentigny n'est pas situé  « dans un emplacement stratégique justifiant des investissements additionnels… Malgré ses recherches, la société n'a pas trouvé de site viable dans les différents secteurs recherchés pour remplacer le magasin de Repentigny ». Pourtant ce magasin, pourvu d’un accès direct dans son stationnement, est situé en bordure de l’autoroute 40 sur laquelle circulent 60 000 véhicules par jour. L’employeur n’a pas trouvé mieux, car il occupe déjà l’endroit le plus stratégique dans la région.

Le 24 février 2017, les TUAC 501 obtiennent une ordonnance afin que BMTC cesse et s’abstienne d’user d’intimidation à l’égard des syndiqué(e)s, cesse de négocier de mauvaise foi et de suspendre le dépôt des offres finales du 17 février 2017, à l’établissement de Saint-Léonard (Jean-Talon).

Avril 2017

La ministre défère à l'arbitrage les dossiers de Repentigny et Saint-Léonard. Pour les TUAC 501, il ne fait aucun doute que la solution passe par la négociation.